La ceinture fortifiée de Strasbourg est un témoignage de l’évolution de l’architecture militaire à la fin du XIXe siècle. Elle illustre le basculement de l’Alsace dans l’Empire allemand après la guerre de 1870.
Après la défaite française de 1870, les Allemands décident de transformer Strasbourg en une place forte de premier ordre (Festung Strassburg). L’objectif est d’éloigner les tirs d’artillerie du centre-ville en créant une ceinture de forts détachés.
Sous la direction du général Hans Alexis von Biehler, quatorze forts principaux sont érigés entre 1872 et 1882. La plupart sont des forts à fossé sec, de forme polygonale. Initialement construits en briques et grès des Vosges, ils ont été renforcés par du béton spécial après la « crise de l’obus-torpille » en 1885. Onze forts se trouvent aujourd’hui en territoire français et trois en Allemagne. Suite au retour de l’Alsace à la France en 1918, les forts ont été renommés pour honorer des figures militaires françaises.
| Nom Allemand | Nom Français (Post-1918) | Construction |
| Fort Baden | Fort Fransecky (Offenburg, DE) | 1873 – 1876 |
| Fort Bismarck | Fort Kléber (Wolfisheim) | 1872 – 1875 |
| Fort Bismarck | Fort Kehl (Kehl, DE) | 1873 – 1878 |
| Fort Blumenthal | Fort Uhrich (Illkirch) | 1873 – 1876 |
| Fort Bose | Fort Kellermann (Wolfisheim) | 1872 – 1875 |
| Fort Bose | Fort Blumenthal (Auenheim, DE) | 1873 – 1882 |
| Fort Crown Prince Saxony | Fort Joffre (Holtzheim) | 1872 – 1875 |
| Fort Kirchbach | Fort Hoche (Eckbolsheim) | 1872 – 1875 |
| Fort Kronprinz | Fort Foch (Niederhausbergen) | 1872 – 1875 |
| Fort Moltke | Fort Rapp (Reichstett) | 1872 – 1874 |
| Fort Podbielski | Fort Ducrot (Mundolsheim) | 1872 – 1875 |
| Fort Roon | Fort Desaix (Mundolsheim) | 1872 – 1875 |
| Fort Von der Tann | Fort Lefebvre (Geispolsheim) | 1873 – 1876 |
| Fort Werder | Fort Uhrich (Illkirch) | 1873 – 1876 |
Quelques dates : Le fort Desaix a été édifié entre 1872 et 1875 sur une colline dominant la Souffel. Il était armé de 22 canons pour surveiller les axes stratégiques vers Paris et Wissembourg. Il a été renomé Fort Desaix en avril 1919, du nom du général français Louis Charles Antoine Desaix, héros de la bataille de Marengo. Le 23 novembre 1944, le fort est pris par surprise par la 2ème DB du Général Leclerc, guidée par le résistant FFI Robert Fleig, marquant une étape clé de la libération de la ville. Après guerre, il a servi de lieu de stockage pour les archives des « Malgré-nous » et le matériel des invalides de guerre avant d’être rendu à l’État en 2000.
Le site de cinq hectares appartient au Ministère de la défense. Il est géré et entretenu par la Société de Tir de Strasbourg-Mundolsheim (STS-M) depuis les années 1980. Il abrite de nombreux stands de tir.